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L'île aux fleurs
L'île aux fleurs, berceau du rhum agricole et de l'artisanat créole.
Identité
Les peuples premiers
Bien avant l'arrivée des Européens, l'île était habitée par les Arawaks puis par les Caraïbes qui lui donnèrent son nom : « Madinina », l'île aux fleurs. Ils vivaient de pêche, de chasse et de culture du manioc dans des villages côtiers organisés.
La Manman Dlo
Dans les rivières profondes de la Martinique vit la Manman Dlo, femme-serpent gardienne des eaux. Belle comme le jour au-dessus de la taille, elle attire les hommes trop curieux vers les profondeurs. Les anciens disaient de ne jamais siffler près d'une rivière la nuit : c'est ainsi qu'on l'appelle.
Seule île des Caraïbes à détenir une AOC, la Martinique distille son rhum à partir de vesou — le jus de canne fraîchement pressé — selon des méthodes ancestrales.
Banane, ananas, canne à sucre, et une pêche artisanale vivace depuis les côtes de Saint-Pierre jusqu'au Marin et ses voiliers.
Le tissu madras aux carreaux colorés habille les costumes traditionnels créoles. La poterie caraïbe, héritée des Arawaks, reste un art vivant dans le nord de l'île.
Le carnaval de Fort-de-France est l'un des plus fervents des Antilles — quatre jours de vaval, vidé et Mardi Gras où la ville entière défile. Le bèlè, danse et musique héritée des esclaves africains, résonne encore dans les mornes du nord lors des veillées. Les habits créoles — jupe à volants, foulard madras, collier-chou en or — sont portés fièrement lors des fêtes patronales et des mariages.
Climat tropical humide, adouci par les alizés. Saison sèche (Carême) de janvier à avril, saison humide (Hivernage) de juin à novembre. Température moyenne 26 °C.
Accras de morue, colombo de poulet, blaff de poissons, matoutou de crabe, ti-punch au rhum vieux — la cuisine martiniquaise est une fusion créole où piment antillais et citron vert jouent les premiers rôles.
Spécialités artisanales
Quiz
sur Martinique — histoire, nature, culture et traditions
Connaissance générale
16 questions sur les monuments, la nature, l'histoire et les proverbes de l'île aux fleurs.
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À découvrir
Nichée dans une baie naturelle protégée du vent et de la houle, Sainte-Luce est l'une des communes balnéaires les plus appréciées de la côte caraïbe sud de Martinique. Ses plages successives — la Grande Anse, la Baie des Anglais, la Plage de la Vierge — forment un chapelet de sables dorés sur plusieurs kilomètres, idéal pour les familles et les amoureux de nature marine. Les eaux calmes et peu profondes de Sainte-Luce sont exceptionnelles pour le snorkeling : une grande prairie d'herbiers de tortues vertes s'étend entre 0,5 et 3 mètres de profondeur au large de la Grande Anse. Des tortues vertes et des tortues imbriquées s'alimentent quasi quotidiennement dans ces herbiers, parfaitement habituées à la présence humaine. C'est l'un des meilleurs spots snorkeling tortues de l'île, accessible depuis la plage. Le bourg de Sainte-Luce conserve une architecture créole bien préservée — rues pavées, maisons en bois aux galeries fleuries, église du XIXe siècle — et une vie de village animée : marchés, restaurants de bord de mer et le fameux festival de Saint-Luce en août. La marina est le point de départ de nombreuses excursions en catamaran vers les plages du sud.
Trinité
Sur la côte atlantique nord de la Martinique, à Trinité, l'Anse l'Étang est LE spot de surf de référence des Antilles françaises. Une plage de sable brun sauvage, battue par une houle atlantique régulière et puissante, des rouleaux qui se forment à 150 mètres du rivage et déferle sur un fond de sable — la vague de l'Anse l'Étang est longue, régulière et accessible aux niveaux intermédiaires et confirmés. Le spot a accueilli plusieurs compétitions régionales et antillaises, et est la base de formation de nombreux champions caribéens de surf, bodyboard et longboard. L'atmosphère est celle d'une plage de surfeurs authentique : cabanes en bois des écoles de glisse, musique reggae, VW combi des années 70, coachs passionnés qui ont appris à surfer ici avant d'enseigner. Entre septembre et mars, quand la houle atlantique est au maximum, les vagues atteignent 1,5 à 2 mètres. Le reste de l'année, le spot reste rideable pour les apprenants. La plage elle-même, sauvage et peu fréquentée, offre une longue promenade sur le sable entre cocotiers et palétuviers. Le nord de la Martinique à son meilleur.
Fort-de-France
Dressé sur la pointe de la Baie des Flamands depuis 1640, le Fort Saint-Louis est l'une des fortifications militaires les plus imposantes et les mieux conservées des Antilles françaises. Conçu selon les principes de Vauban — bastions en étoile, fossés, casemates —, il a défendu la rade de Fort-de-France contre les attaques britanniques, hollandaises et pirates pendant plus de trois siècles. Fait unique aux Antilles : le fort est encore aujourd'hui une base militaire active de la Marine nationale française. Cette double vie — patrimoine historique et installation militaire opérationnelle — lui confère une atmosphère particulière, entre tourisme et vie militaire, que peu de monuments en France peuvent revendiquer. Les visites guidées, organisées depuis la côte en navette depuis le centre-ville, offrent une immersion complète dans l'histoire de la colonisation et des conflits caribéens. Du haut des remparts, la vue panoramique sur la baie de Fort-de-France — la plus grande rade naturelle des Petites Antilles — sur le port de commerce et sur les mornes verdoyants de Martinique est absolument saisissante. Un arrêt incontournable pour comprendre la géopolitique caribéenne des XVIIe et XVIIIe siècles.
Les Anses-d'Arlet
Sur la côte caraïbe sud de la Martinique, le village des Anses-d'Arlet est l'un de ces endroits qui existent encore tels qu'ils étaient il y a cinquante ans, miraculeux et précieux. Sa plage de sable blonde longe directement la rue principale du village — les maisons créoles aux couleurs pastel, la boulangerie, l'église néo-gothique aux pieds dans l'eau forment un tableau si parfait qu'il semble irréel. L'église Saint-Henri d'Arlet, construite au bord même de la plage dans les années 1920, est probablement l'édifice religieux le plus photographié des Antilles françaises. Son reflet dans l'eau calme de la baie aux premiers et derniers rayons du soleil est une image iconique de la Martinique touristique — et pour cause, elle mérite chaque cliché. Les pêcheurs locaux sortent leurs barques colorées chaque matin à l'aube et reviennent vers 8h30 avec leur pêche. Les restaurants de la plage — simples, authentiques, familiaux — proposent les poissons du jour grillés, les chatrou (poulpes) en fricassée et les lambis grillés dans une atmosphère sans chichis. Le snorkeling face au village, où les tortues marines sont quasi garanties, est parmi les meilleurs de la côte caraïbe.
PlageLe Prêcheur
Au bout d'une piste forestière qui part du Prêcheur, à l'ombre de la Montagne Pelée, l'Anse Couleuvre est l'une des plages les plus secrètes et les plus spectaculaires de la Martinique. Elle n'est accessible qu'à pied (2h de sentier côtier depuis le Prêcheur) ou en bateau depuis la marina de Case Pilote ou du Carbet — cette inaccessibilité est précisément ce qui en fait l'un des derniers sanctuaires naturels de l'île. La plage, longue de 400 mètres, est bordée d'une forêt tropicale dense qui dévale directement jusqu'au sable noir volcanique. En face, la mer des Caraïbes déploie ses nuances de bleu-vert dans une transparence cristalline. Le snorkeling dans les rochers qui encadrent la plage révèle une vie marine exceptionnelle — moray géantes, barracudas, tortues marines et coraux en bonne santé. Deux règles non écrites régissent ce lieu : ne rien laisser sur la plage, et ne pas couper les arbres ou cueillir les plantes qui la protègent. L'Anse Couleuvre est l'emblème de la Martinique sauvage, celle que les grands hôtels n'ont pas encore colonisée. Elle récompense largement l'effort du marcheur ou le plaisir du marin.
Les Anses-d'Arlet
Cachée au fond d'une anse sauvage, Anse Noire est l'une des plages les plus originales de la Martinique. Pour y accéder, il faut d'abord traverser Anse Dufour — la plage de sable blanc voisine — puis emprunter un sentier côtier de quelques minutes taillé dans la roche volcanique. Ce petit effort de marche suffit à décourager les moins motivés, laissant la plage dans une tranquillité relative. Le sable noir, teinté par la lave basaltique environnante, contraste avec la transparence absolue de l'eau. La baignade y est délicieuse et le snorkeling exceptionnel — tortues marines, poissons tropicaux et coraux colorés sont souvent au rendez-vous. L'anse est encaissée, protégée des vents, et l'atmosphère y est particulièrement intimiste. Aux abords de la plage, des poulpes se glissent entre les rochers et les pieuvres se cachent dans les anfractuosités. Les tortues vertes remontent régulièrement à la surface à portée de regard des nageurs. Un spectacle naturel qui n'a nul besoin de mise en scène.
Fort-de-France
La Bibliothèque Schœlcher est l'un des monuments les plus emblématiques de Fort-de-France. Conçue par Henri Pick pour l'Exposition Universelle de Paris en 1889, puis démontée et reconstruite en Martinique, cette structure métallique polychrome aux vitraux colorés est un véritable bijou d'architecture. Elle abrite aujourd'hui une bibliothèque publique au nom de l'abolitionniste Victor Schœlcher.
Nord Martinique
Il existe en Martinique une randonnée qui ne ressemble à aucune autre : celle des Gorges de la Falaise, dans le nord de l'île, au fond d'un canyon entaillé dans la roche volcanique par des millénaires d'érosion. Ici, pas de sentier au sens traditionnel du terme — c'est la rivière elle-même qui est le chemin. Le parcours se fait dans l'eau, en remontant la rivière Falaise à travers une succession de cascades et de vasques naturelles. L'eau descend de la montagne fraîche et cristalline, l'air est saturé d'humidité, la végétation est si dense que la lumière du soleil peine à percer la canopée. Des parois de basalte s'élèvent de part et d'autre, couvertes de mousses et de fougères, créant un couloir naturel d'une beauté saisissante. L'expérience se termine sous une cascade de 14 mètres de hauteur, dans un amphithéâtre de roches noires que l'on ne peut atteindre qu'en nageant les derniers mètres. Le spectacle est à couper le souffle.
Sud Martinique
Il y a des endroits dont la réputation dépasse largement les frontières d'une île. Les Salines est de ceux-là. Élue régulièrement parmi les plus belles plages des Antilles françaises et des Caraïbes tout entières, cette vaste étendue de sable blanc immaculé bordée de cocotiers inclinés par le vent est l'image d'Épinal de la perfection tropicale. La plage s'étire sur près de deux kilomètres à la pointe sud de la Martinique, baignée par une eau turquoise d'une clarté exceptionnelle. L'ondulation douce des vagues, l'ombre généreuse des cocotiers et l'absence de construction en front de mer créent une atmosphère de bout du monde préservé, presque irréelle. En semaine, les Salines offrent un calme absolu. On y vient en famille pour pique-niquer sous les arbres, entre deux baignades dans cette eau à 28°C. Le weekend en revanche, les Martiniquais s'y retrouvent en nombre, transformant la plage en une fête de la convivialité créole, avec musique, grillades et joie de vivre. Deux atmosphères pour un même lieu magique.
Saint-Pierre
Fondée en 1651 et reconstruite après l'éruption de 1902, la Distillerie Depaz est nichée dans une ancienne habitation coloniale sur les pentes de la Montagne Pelée. Ses rhums agricoles AOC Martinique, distillés à partir de canne à sucre fraîche, sont réputés parmi les meilleurs des Caraïbes. La visite inclut jardins, alambics et dégustation.
Nord Martinique
La Montagne Pelée n'est pas un volcan comme les autres. À 1 397 mètres d'altitude, elle domine l'île entière, imposante et mystérieuse, enveloppée presque chaque matin dans une couronne de nuages qui lui confère une aura presque surnaturelle. C'est elle qui, en 1902, a anéanti la ville de Saint-Pierre en quelques minutes, effaçant une cité florissante de 30 000 âmes dans l'une des éruptions les plus meurtrières du XXe siècle. Aujourd'hui, la Pelée invite les marcheurs à gravir ses flancs drapés de forêt tropicale humide. La montée vers le Chinois — le sommet principal — est une expérience totale : on traverse d'abord des bambouseraies bruissantes, puis des zones de fougères arborescentes géantes, avant de plonger dans une ambiance alpine et minérale où la végétation disparaît au profit de la roche noire et du vent. Au sommet par temps clair, le panorama s'étend jusqu'aux îles voisines. La Pelée est aussi un laboratoire naturel unique. Depuis sa dernière éruption en 1932, la nature a reconquis chaque mètre carré avec une vitalité déconcertante. Observer cette régénération en marchant est une leçon d'humilité face à la puissance de la vie.
Nord Martinique
Saint-Pierre fut autrefois la ville la plus prospère et la plus cosmopolite des Antilles françaises. On la surnommait le « Petit Paris des Antilles » : ses cafés élégants, son opéra, sa rue principale animée témoignaient d'une vie urbaine raffinée, d'un commerce florissant entre Europe et Amérique. Le 8 mai 1902 à 8h02, la Montagne Pelée a tout effacé en deux minutes. La nuée ardente — un mélange de gaz brûlants et de cendres projetés à plus de 600°C — a déferré sur la ville endormie, tuant les 30 000 habitants. Un seul homme a survécu : Louis-Auguste Cyparis, prisonnier dans sa cellule en pierre qui lui a servi de bouclier. Aujourd'hui, Saint-Pierre est une ville fantôme vivante, lentement reconstruite sur ses propres ruines. On se promène encore entre les murs noircis du théâtre, les colonnes effondrées de la cathédrale, les rails tordus de l'ancienne gare. Le musée Frank A. Perret conserve les objets fondus, les horloges arrêtées à 8h02. Dans la baie, les épaves de 18 navires coulés ce jour-là sont devenues un spot de plongée mondialement réputé.
Fort-de-France
Le Grand Marché de Fort-de-France est le poumon économique et culturel de la capitale martiniquaise. Sous ses halles couvertes, marchands de bonda, épices, fruits tropicaux, légumes-pays, fleurs et artisanat créole se mêlent dans une ambiance haute en couleur. Un lieu incontournable pour acheter rhum, vanille, piment et souvenir authentique.
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